Parler de mes émotions

Dernièrement, j’ai écrit un texte sur la campagne électorale en cours. Cela s’intitulait Pour empêcher le bonheur de « flyer » par la porte d’en arrière. Je constate que vous n’aimez pas trop ça lorsque je m’aventure sur ce terrain.

Personnellement, je ne me donne pas le choix d’écrire un texte ou deux sur la politique, de peur de passer pour quelqu’un qui met trop de temps à décrire son quotidien et pas assez à se prononcer sur les enjeux qui touchent notre vaste Spectre.

Également, j’ai l’impression que je ne m’expose pas assez. Ça va bien mes affaires, n’est-ce pas ?!

M’exposer. Pas au sens d’assister à une pléthore d’événements et de faire des selfies avec toutes les célébrités que je croise. À ce niveau, ça va puisqu’on ne m’invite presque pas à des événements.

M’exposer au sens de décrire mes émotions. Y aller à fond dans l’émotion. Genre « Papa à boutte » ou « Papa indigne ». Écrire ce que je pense vraiment ! Être incisif, un brin insolent, écrire des « Heille Autisme ! Ça va faire !!!! Papa en a plein le c** et a besoin de son verre de vin ! »

Dans mon livre Papautisme, je me suis pourtant livré comme jamais je n’aurais osé le faire.  Du moins, je le pense. Dans le blogue en revanche, je garde peut-être un peu trop une certaine pudeur. On dirait que je me limite…

Peut-être ai-je cette pudeur parce que je suis un homme ? Un homme d’une autre génération qui se confie sans doute un peu moins ?

Je vais donc vous parler franchement de mes émotions. Par rapport à l’autisme, par rapport à ma vie en général, par rapport à plein d’autres choses.

L’autisme n’est pas une partie de plaisir. Il y a des moments où j’ai envie de me taper la tête sur un mur. Par exemple lorsque le « transistor » de Laurent se met en fonction. La fin de semaine, je sais que Laurent est réveillé parce qu’il se parle : ses mauvais coups, la fois où l’on a grondé pour telle ou telle raison, les consignes qu’il doit respecter, le degré de violence dans tel ou tel film, la raison pourquoi il ne peut encore voir Deadpool (parce qu’il est classé 44 ans et plus – merci à moi pour ce code), etc.

Dans le livre, j’ai baptisé l’autisme du nom de Christian et ce, pour de multiples raisons. Mais j’avais oublié de mentionner que l’autisme est parfois un p’tit cr*** qui peut nous draîner tellement d’énergie !

Mais qu’est-ce qui provoque tout cela ? Peut-être cette société qui a déterminé les « codes de la normalité ».

-Mais pourquoi tu ne te sacres de ce que pensent les autres ?

C’est vrai. Comme l’autre fois, lorsque j’ai lu dans une newsletter de la Fédération des établissements d’enseignements privées que les écoles privées peuvent accueillir à BRAS OUVERTS les élèves autistes.

Mais quelle belle bullshit 24 carats !

Nous l’avons expérimenté et NON, les établissements privés ne sont pas prêts.

Il y a des écoles qui ch*** dans leurs pantalons bien pressés la minute qu’ils entendent les mots « troubles de quelque chose ». Je ne nommerai pas de nom, mais lors des portes ouvertes de certains établissements, les directeurs pédagogiques rencontrés refermaient carrément les portes. « Non, on peut pas ».

À moins de vouloir débourser au-dessus de 15 000 $ pour envoyer votre enfant à Centennial Academy, une école privée spécialisées avec toutes sortes de « troubles », les écoles privées n’ont pas d’encadrements assez solides.

« Votre enfant est autiste, on va le mettre dans notre programme international parce qu’il aime les langues et l’histoire et notre programme est plein de ça ! » qu’on nous avait dit.

« En plus, nous avons des professionnels qui vont suivre votre enfant tout au long de son parcours ». Effectivement, des accompagnateurs qui nous coûtait au-dessus de 3 000 $ par mois + les frais « normaux » de scolarité !

Comme disait Roger Giguère dans les annonces de Monsieur Dismat : EMMENZ-EN DES PROJETS !!!!

L’encadrement et le dévouement que nous nous attendions de trouver au privé, et bien… nous le trouvons au public !

Dire que je paye ça avec mes impôts et mes taxes scolaires. Ma femme y contribue, mes parents aussi, mes beaux-parents, ma soeur, le frère de ma femme, mes amis et amies, vous tous. Et merci du coup de pouce ! Vous allez voir, vous ne serez pas déçus du résultat !

Vous voyez, je me suis énervé. Quand je me relis, je constate que j’ai pété une belle coche ! J’ai mis mes tripes sur le clavier.

Ça fait du bien. Mais j’aimerais bien le faire un jour lors d’une activité de répit ou d’une rencontre avec d’autres pères. Au fait, y a-t-il des partants pour ce genre d’activité ?

 

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