Les jolis « camps pédagogiques »

La classe de Laurent est rangée. Sa professeure a tout nettoyé, tout désinfecté pour un possible retour en classe en septembre. Parce qu’on ne sait toujours pas s’il y aura retour ou non puisque ce virus est un adepte du surf et attend une possible 2e vague pour monter de nouveau sur sa planche et nous faire ch… en masse ! Tou ça pour répondre aux exigences de son ministre de l’Éducation qui ne cesse, depuis le début de la pandémie, d’aller dans une direction, puis de changer d’idée, puis de revenir sur sa parole, etc. Là, nous avions une consigne claire : les écoles secondaires de Montréal ne rouvriront qu’en septembre. Donc, la classe de Laurent est rangée, sa professeur a tout nettoyé, etc.

Or, voilà que le ministre a changé d’idée, avec la création de « camps pédagogiques » pour les élèves en difficulté d’apprentissage, à près de deux semaines de la fin officielle des classes ! C’est un concept large, les ÉHDAA. Ça regroupe une pléthore de troubles, de syndromes, de « dys » machin et et « dys » quelque chose.

À la maison, Laurent a pleinement accepté son nouveau rythme de vie scolaire, avec Zoom, Teams, Skype, See Saw, Khan Academy, Mon CEC et j’en passe. Contre toute attente, il s’améliore grandement. Ça, j’en ai maintes fois parlé avec vous. Dans la tête de Laurent, c’est réglé : je retourne à l’école en septembre. Peut-être en FMS, on ne le sait toujours pas.

Là, le ministre roberge lance à la face des directions d’école et des professeur.es son « camp pédagogique ». En quoi consiste-t-il ? On ne le sait pas exactement. Quels élèves pourront réellement en bénéficier ? On ne le sait pas exactement. On doit contacter les directeurs et directrices aujourd’hui (mercredi). La professeure de Laurent attend encore des instructions. Son directeur sera fixé probablement en après-midi… pour une rentrée le 8 juin !

Cette culture du « Stay Tuned » n’apporte strictement rien de bon aux écoles, aux professeurs, aux directeurs et directrices, ainsi qu’aux parents qui se font culbuter comme si on les avait mis dans une sécheuse depuis le début de la pandémie… Nous ne sommes pas à la télévision, monsieur Roberge, NOUS SOMMES DANS LA RÉALITÉ !

La Presse a demandé mardi au cabinet du ministre Jean-François Roberge de préciser quels élèves seraient invités à retourner à l’école. Plutôt que de répondre franchement à la question, il a finalement pelleté ça dans la cour des commissions scolaires. Qui sont ces élèves vulnérables qui pourraient bénéficier de ces « camps » ? M. Roberge ne le sait pas. Le ministre demande aux commissions scolaires de le déterminer.

Dans La Presse de mardi, la journaliste Marie-Ève Morasse nous informait que « des discussions se poursuivent à cet effet, entre autres avec la Santé publique. On a informé le réseau scolaire de manière préventive afin que celui-ci puisse se préparer dès maintenant. Plus de détails suivront dans les prochains jours ». On est vendredi. On ne sait toujours pas si Laurent doit retourner à l’école lundi ou non. Encore l’hos… de « Stay Tuned »… DON’T GO AWAY! WE HAVE A VERY GOOD SHOW COMING YOUR WAY! En vedette : des ÉHDAA en désorganisation totale.

Qui plus est, on qualifie ces « camps » de « ludiques »…. Autrement dit, ON VA AVOIR DU GROS FUN!!!! Et pourquoi ? Parce que ce sont des ÉHDAA ? C’est rendu le mot magique maintenant. Un ÉHDAA est capable d’apprendre dans un certain cadre sérieux. Pas besoin de toujours parler de « fun » pour nous convaincre !

Il y en a plusieurs qui vont sans doute me dire « t’es pas obligé de l’envoyer puisque c’est volontaire! » Bien justement… justement… La professeure qui donne la classe à ses élèves devant elle, aura-t-elle alors la même attention pour ceux et celles qui sont à la maison ? Saura-t-elle adroitement jongler avec les deux situations ? Connaissant Laurent, il risque de s’y perdre. Il n’a jamais été aussi concentré grâce aux plateformes Zoom et Teams. Même si Teams me fait parfois rager, je préfère le garder à la maison. Sauf que cette situation créera deux types d’élèves. Et ils n’auront pas toute l’attention du personnel enseignant.

Si j’étais Yvan Ponton, je soufflerais dans mon gazou et demanderais un « nettoyage » (dans la LNI, c’est lorsque tout le monde lance ses claques sur la patinoire) pour que cesse enfin cette mascarade improvisée.

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