Pour une battante

POUR UNE BATTANTE

Aujourd’hui je délaisse mes petites bulles du quotidien
Celles qui sentent le savon
Celles qui parfument mon bain
Celles qui pullulent d’inquiétude dans mon esprit
Et je sors quelques instants hors de ma bulle
-plus grosse et plus carrée celle-là-
Afin de penser à celle qui t’enveloppe actuellement
Une bulle protectrice
Une bulle aseptisée
Qui émet une multitude de sons
De bips
D’alertes
Une bulle béton
Une bulle prélart et plâtre
Avec une grosse porte épaisse et des fenêtres
Une bulle tranquille qui te scrute
Qui te scanne
Qui t’alimente
Qui te réchauffe
Qui te laisse dormir
Qui inquiète aussi
Car cette bulle est une zone de guerre
C’est Verdun dans tout ton corps
Cette pneumonie qui te brûle la cage thoracique
Qui avale tout l’air dont tu as besoin
Qui te force à rester loin de chez toi
Loin de ta bulle dont tu connais tous les recoins par cœur
Ta maison qui te tient en sécurité
Au chaud
Proche de tes petites bulles repères
Proche de la voix de tes parents et de ton frère
Proche des couleurs de ta chambre
Proche de la douceur de tous tes toutous
Cette pneumonie pourrait être autre chose
Pourrait être ce grand escovid 19 qu’on laisse tous déblatérer
Hors de nos bulles
Si on lui ouvre la porte
On est fait à l’os
On est pris pour l’écouter
On est pris pour humer sa marchandise sinistre
Si on l’inspire il se dépensera davantage
Pour entrer en nous
À la manière de minuscules bulles de salive
Et il nous emmerdera au point de nous consumer

Ne t’inquiète pas Camille
Maison s’en vient
Maison j’en suis certain
Maison maman papa Félix
Ta terre ton arbre ton lever de soleil
Le calme qui te rassure

Je suis un bon soldat
En demeurant chez moi
Nous constituons des milliers de bataillons
Au sommet des collines pour toi
Notre confinement pointe l’ennemi
Les hussards masqués de Sainte-Justine charge l’ennemi
Les millions de fantassins en toi hurle à l’ennemi
Comme les baïonnettes de le Vieille garde contre les Prussiens
Je divague
Je suis un peu dans ma bulle
Dans mes petites bulles d’historiettes
Je compte les heures et j’espère
Que ça va bien aller
Che andrà tutto bene
Et tu verras Austerlitz !

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