Parler de Polytechnique à mon fils

Je ne me souviens plus pour quelle raison, mais nous avons parlé de Polytechnique à l’heure du souper hier soir. Ma femme et moi venions de voir le documentaire percutant Polytechnique – ce qu’il reste du 6 décembre de la réalisatrice Judith Plamondon.

Tout de suite après terminé de parler, Laurent pose une question : c’est quoi Polytechnique ?

Je lui ai répondu le plus franchement possible. Avec des faits. Laurent comprend lorsqu’on lui expose des faits. « Alors, c’est l’histoire d’un homme qui s’appelle Marc Lépine. Il n’aime pas les femmes. Il dit que les féministes ont gâché sa vie. Les féministes se sont des personnes qui veulent que les femmes aient les mêmes droits que les hommes. Qu’elles soient égaux aux hommes. Le 6 décembre 1989, Marc Lépine est entré dans une salle de classe à Polytechnique, a séparé les femmes des hommes. Ensuite il les fait sortir de la classe puis tue les 14 femmes ».

Laurent écoute et me demande si Marc Lépine est méchant. Je lui réponds que oui, Marc Lépine est très méchant.

Il faut comprendre ici que Laurent a encore beaucoup de difficulté avec la méchanceté. C’est encore très difficile pour lui de comprendre que dans notre société, il y a du monde qui haïsse au point de vouloir faire du mal. De blesser. De tuer. Il a été victime d’intimidation par le passé dans son autobus scolaire, mais il considère cela comme un simple incident de parcours.

Bien que je lui inculque des notions d’égalité et de respect entre les garçons et les filles, bien que lui-même éprouve beaucoup de délicatesse et d’attention en présence de filles, notamment avec son amie Maëlle, il lui reste encore à décoder le degré de méchanceté des gens qui pourraient profiter de son innocence -appelons ça comme ça- pour chercher à lui faire du mal.

Quoi qu’il en soit, je tenais à lui parler de Polytechnique avec Sophie. Un devoir de mémoire. Je tenais aussi à lui dire que 30 ans plus tard, nous avons encore des croûtes à manger avant d’atteindre l’égalité, que des gens -des hommes- sont encore méchants à l’égard des femmes, parce qu’ils ont peur (pour rien) qu’on leur enlève leur place. Il y a des hommes qui battent leur femme, d’autres qui les traitent de toutes sortes de noms sur les réseaux sociaux, tout ça pour une opinion divergente. Ce ne sont pas des cas isolés, ni « seulement » des actes commis par des déséquilibrés. Le sexisme et la haine sont encore là, tous les jours. Le féminisme est donc encore nécessaire, tous les jours.

Je n’ai plus rien d’autres à écrire, sinon de saluer la mémoire des 14 victimes de Polytechnique, tuées parce qu’elles étaient des femmes : Geneviève Bergeron, Hélène Colgan, Nathalie Croteau, Barbara Daigneault, Anne-Marie Edward, Maud Haviernick, Barbara Klucznik-Widajewicz, Maryse Laganière, Maryse Leclair, Anne-Marie Lemay, Sonia Pelletier, Michèle Richard, Annie St-Arneault, Annie Turcotte.

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