À mon fils pour la fête des pères

Salut mon grand

Déjà 15 ans que je suis papa grâce à ta mère.  Déjà 15 ans que je le suis aussi grâce à toi!

C’est une paternité spéciale, j’en conviens. Après tout, chaque père se sent spécial aux yeux de son enfant, je peux comprendre. Or ici, à la maison, c’est spécial. Il n’y a pas une journée pareille, pas un moment où je me demande qu’est-ce que tu vas encore nous sortir.

Voilà un peu ce que je vis, grâce à toi. Pas « grâce à ton autisme », mais grâce à toi.

Toi. Ce que tu es. Ce que tu veux faire. Ce que tu utilises comme moyens pour avancer dans la vie. Toi.

Voilà. Merci de :

Te rassurer constamment sur le caractère posthume du dernier album de Mauranne, sur le sens « hommage » de ce dernier puisqu’elle reprend de belles chansons de Jacques Brel. Sur la manière de tenir un 33 tours. Sur la « belle vie » de Charles Aznavour et la « moins belle » de Johnny Hallyday parce qu’il a fumé beaucoup.

Te rassurer aussi sur certaines choses de la vie, même si tu ne le demandes pas, même si tu sembles en plein contrôle de tes moyens, car aussitôt que tu as besoin d’aide, tu fonces. Aussitôt que je cherche quelque chose au marché et que je ne le trouve pas, tu fonces. Même en anglais. Même en italien. « SCUSAMI? SCUSAMI? » Tant que nous sommes là, tu es rassuré.

T’écouter m’énumérer certains de tes quelques scénarios sociaux, ton questionnement constant sur les endroits où j’ai acheté tes disques d’Antonello Venditti et Francesco de Gregori, les raisons qui ont poussé à l’exécution du roi Louis XVI et de la reine Marie Antoinette, la fois où je t’avais dit « Laurent fais pas ça » un peu plus fort que d’habitude… il y a huit ou neuf ans de ça.

Surveiller ton rasage (et ton langage) pour éviter que tes joues soient semblables à un chandail d’arbitre (une ligne rasée, une ligne pas rasée, etc), faire parler tes toutous chaque soir pour qu’ils te disent « bonne nuit » et t’écouter rire chaque fois que ta peluche Monsieur Caca te souhaite « bonne nuit » en pétant.

Être spectateur attentif de tes imitations d’infopub, plus particulièrement celle du « Ultimate Jar Opener » qui vante les mérites de notre bidule qui ouvre les pots de confiture avec la formule « tu grab, tu grip et tu open ». Te demander de ne pas tout ouvrir les pots dans le réfrigérateur parce que nous ne vivons pas dans une infopub.

Être témoin privilégie de ton plaisir à prendre « l’autobus de la ville ». Recevoir avec joie tes textos m’informant que tu es « dans la 32 nord au coin de Lacordaire et de Bélanger ».

Bref, merci d’être toi-même.

Ah oui ! Et je t’aime, mon fils.

P.S. : J’aimerais donc que la bureaucratie te voie à l’oeuvre. Qu’elle sorte de sa grosse tour de béton armée pour venir t’observer et constater ta soif d’apprendre. Ça changera des règles ridicules qu’elle t’impose pour te ralentir !

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