Journal d’un Salon du livre

Jeudi soir Je me présente au comptoir d’accréditation comme un athlète se présente sur le podium. Après avoir rêvé de ce moment pendant plus de 20 ans, me voici donc enfin un auteur ! Ce petit morceau de carton avec mon nom et la mention « auteur.trice » dessus, c’est ma médaille d’or. Et le pays que je représente à ces Jeux de l’esprit : Michel Lafon ! 

J’ai tellement peur d’arriver en retard que je quitte la résidence à 15 h 30, alors que ma toute première séance de signature commence à 18 h. 

Mais comme un athlète après la gloire, je me butte à un certain anonymat, alors que personne ne s’arrête à mon kiosque.Il faut dire que c’est assez calme dans la grande fournaise, c’est-à-dire la Place Bonaventure. 

Même Olivier « XOXO » Primeau n’a personne avec qui parler ! Bien assis à sa petite table, il trouve le moyen de passer le temps en textant. Je n’ose pas succomber à la tentation de consulter mon téléphone portable, histoire de ne pas projetter l’image d’un type qui s’emmerde. 

Soudain, ma tante Yolande et mon oncle Gilles me font une visite surprise ! C’est à eux que je signe ma première dédicace. Il fait un peu chaud. Je bois un peu d’eau. C’est calme dans le Salon. 

Samedi J’arrive au Salon à 10 h 30. Je prends l’une des dernières places dans le stationnement de la Place Bonaventure. Dans l’ascenseur, tout le monde me regarde… C’est un auteur, on me scrute de haut en bas, on pense avoir déjà vu ma figure quelque part, on me sourit un peu. On apprécie encore ceux et celles qui écrivent, on dirait ! 

Je salue Pierre Duplessis et son fils Raphaël. Leur stand est en face du mien. On échange longuement sur nos situations respectives. Beaucoup de rires, beaucoup d’anecdotes de vie. 

13 h. Je m’installe. Il y a du monde. Quelle chaleur ! D’abord la chaleur humaine avec l’arrivée de mon fils Laurent et de ma femme Sophie. Ensuite, la chaleur étouffante qui me fait boire quantité d’eau et sucer pastille après pastille. 

Quelques belles rencontres, certes, mais aussi d’autres qui ont été très bouleversantes.

Laurent pique une jasette en italien avec Soeur Angèle. Elle se souvient de lui et de l’interview que nous avions faite, dans le cadre de l’émission La Victoire de l’amour. Lui et Sophie disparaissent dans la foule compacte du Salon. 

15 h. Je cède ma place à un autre auteur. Il n’aura pas à « vivre » avec les personnages des Chevaliers d’Émeraudes à côté de moi ! Grâce à eux, Anne Robillard s’est trouvé un nouveau fan : mon fils. 

18 h. Je retrouve mon siège d’auteur ! Avec mes collègues Madame Isabelle, Nathalie D et Alex Perron, nous offrons un dernier tout de piste. Claudio et Vanda, deux « personnages » de mon livre, sont là pour m’encourager. Il fait de plus en plus chaud dans la Place Bonaventure. Conséquence : je bois de plus en plus d’eau ! 

Je fais connaissance avec Maude Goyer. Jeudi soir, elle m’avait gentiment dédicacé son livre Maman est partie chercher du lait. Je lui rends la pareille. Entre écrivains, on se reconnaît, on se comprend aussi puisqu’on a travaillé très fort sur nos livres ! 

D’autres rencontres inspirantes avec des parents d’ados autistes et des amis qui connaissent des parents d’ados autistes. À 20 h, on range tout, on prend les dernières photos de groupe, on remercie toute l’équipe de Michel Lafon Canada et on quitte l’enceinte… en quête d’eau ! 

Quelle expérience ! Je vais m’en souvenir toute ma vie. Ici, j’ouvre une parenthèse sur cette vie, justement. Pendant 25 ans, je rêvais de ce moment. Il me manquait quelque chose pour y arriver : la confiance. J’étais comme Pierre Richard dans Les Compères : j’écrivais plein de trucs et je les foutais à la poubelle parce que je jugeais que ce n’était pas assez bon ou parce que j’avais peur de blesser. Pendant 25 ans, ma femme me disait d’aller au-devant de mes craintes et d’écrire. C’est seulement en août 2017 que je l’ai vraiment écouté. Il était temps ! 

Pour ce moment, pour cette carrière, merci éternel à toi, ma chère Sophie. Merci aussi à Linda Saulnier et toute l’équipe de Michel Lafon : Christine, Romy, Fred. Merci à Élyse-Andrée pour l’aide pendant la révision du manuscrit. Et merci aux lecteur.trices ! 

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