Un autiste à Walt Disney World

Dans mon livre Papautisme – autisme, quand un père s’en mêle (en librairie dès le 12 avril) je consacre un chapitre aux vacances. Je compare ce moment de répit (quel mot doux à mes oreilles!) à une sorte de Safe space où l’on peut vivre sans trop se faire de bile sur la manière dont notre enfant peut être perçu par la société.

Les parents qui sont dans le même « tout-inclus » que nous vont sans doute comprendre.  De temps en temps, nous avons besoin de cet « abri » dans lequel nous pouvons être nous-mêmes. Dans lequel où notre fils peut surtout vivre avec ses « particularités » sans déranger qui que ce soit.

Dans mon chapitre, il y a beaucoup de plages, mais pratiquement rien sur un autre « paradis » qui pourtant nous tient à coeur. Ce « paradis » pourrait être un État dans l’État tellement c’est grand et à l’écart de tout. Il s’agit de Walt Disney World dans la région d’Orlando-Kissimmee. Peut-être aurais-je dû écrire davantage sur le sujet, surtout après cet autre fantastique voyage que nous y avons fait pendant la relâche scolaire, un premier avec l’étiquette « autiste » sur l’anorak rouge de Laurent !

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Laurent fait semblant d’être un jouet dans une boîte !

Chaque fois que je m’y retrouve, je ressens une sorte de plénitude, provoquée par la joie qui nous entoure, certes, mais aussi par une sorte d’anonymat.

Sur le site, les seules opinions que l’on affiche publiquement sont les « opinions sportives ». En effet, la plupart des visiteurs arborent t-shirts et casquettes de leur équipe de sport préférée. Qui plus est, les différences s’estompent fortement sous cette immense bulle de verre qu’est l’univers Disney !

Voilà pourquoi que personne est interloqué de voir un ado de 14 ans porter des protège-oreilles pendant les feux d’artifices à Magic Kingdom parce que le bruit des pétards peut affecter sa concentration et son équilibre cérébral. Personne non plus pour s’indigner de voirr un « grand » machouiller un chewy tube en forme de bloc Lego parce que l’excitation est trop forte et qu’il faut recalibrer le cerveau un peu !

Disney routine
Il y a comme une routine qui plaît grandement à Laurent. Une routine sécurisante, comme toujours. Refaire le manège It’s A Small World, par exemple. Trois ou même quatre fois de suite s’il le faut. Cela le sécurise parce qu’il s’agit d’un repère qu’il perçoit facilement dans sa tête. Même chose pour le château de Cendrillon, le Spaceship Earth et manger à The Land.

fullsizeoutput_5a79Or, les goûts de Laurent changent de plus en plus, adolescence oblige. Quand tu passes près de trois heures dans l’univers de Star Wars, que tu te fais prendre en photo avec Chewbacca, BB8 et Kylo Ren, que tu assistes deux ou trois fois à la marche des Stormtroopers au centre de Hollywod Studios, disons que tu dois t’adapter ! Quand Laurent te demande d’être pris en photo avec la Fée Clochette parce que… bien… elle est belle, la Fée Clochette ! Ariel aussi, d’ailleurs…

Quand Laurent pense que le Lego Store du Disney Downtown (maintenant Disney Springs) est un manège parce qu’il y a la piste de course et que cela se présente comme une belle opportunité de construire une panoplie de prototypes et de faire la course juste pour s’amuser, là aussi tu dois faire face aux changements !

Néanmoins, Mickey… ça reste Mickey ! Qu’on ait 7, 14, 28 ou 45 ans, la souris continue de faire son effet.

Disney autisme
Walt Disney World aurait bien voulu acclimater Laurent le mieux possible. C’est IMG_0999d’ailleurs une très belle ouverture de la part de cette société qui vend du rêve, de la paix, des sourires, de l’amusement et… beaucoup de marchandises « made in China » !

On aurait pu ainsi passer en avant de tout le monde pour les manèges et les rencontres de personnages. C’est ce que Disney nous proposait. Or, mon fils est capable d’attendre patiemment dans une ligne sans trop s’énerver. Laissons cela à d’autres. Pas eu besoin non plus d’utiliser les zones de pause. Ce sont des endroits à l’écart « de l’action » et qui permet aux visiteurs ayant une déficience cognitive de pouvoir se calmer. Parce que Disney, c’est beaucoup, beaucoup, beaucoup d’excitation. Du bruit, de la foule, des effets lumineux, des manèges qui brassent, etc.

Pour bien planifier sa visite, Disney a conçu ce guide qui décrit bien chaque manège, quels sont les éléments de surprises, s’il y a du bruit, des odeurs, de la noirceur, de la lumière, etc.

Pour les parents qui auraient peur d’être jugés, soyez sans crainte. Le personnel est très ouvert et d’une patience infinie (du moins si je me fie à nos expériences). Même chose du côté des personnages qui ont très bien joué le jeu de la routine de Laurent : 1) Autographe, 2) Prendre une photo, 3) Se faire prendre en photo, 4) Salutations.

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