Fils, menace pour la prospérité économique du Québec ?

Dernièrement dans La Presse et The Gazette, ce texte d’opinion signé Germain Belzile et Alexandre Moreau, économiste à l’Institut économique de Montréal, comprenait le paragraphe suivant :

« La croissance rapide de la proportion d’élèves en difficulté d’apprentissage et d’adaptation ou ayant un handicap joue aussi un rôle (dans la hausse des dépenses en éducation) : dans le secteur public, ils sont passés de 16 % à 21 % des élèves, une hausse d’un tiers. Or, ces élèves donnent droit à une subvention qui peut être jusqu’à quatre fois plus élevée ».

Merci messieurs Belzile et Moreau de me rappeler que mon fils est une menace pour les finances publiques québécoises !

Vous prônez la liberté de choix pour les parents ? Grand bien vous fasse. Sachez toutefois que le privé n’a pas voulu scolariser Fils pour ses études secondaires. Ça vient limiter grandement la liberté de choix, ça ! Quand la direction du Collège de Fils vous lance « s’il ne réussit pas ici, il ne réussira pas ailleurs », tout ce que vous avez imaginé pour l’avenir de votre fils vient de s’écrouler brutalement.

-Oui, oui, nous avons deux de nos élèves qui sont autistes et qui fonctionnent très bien, disent à peu près tous les directeurs et directrices de collèges privés dans la région de Montréal pour appâter des parents qui « veulent le meilleur pour leur enfant ». C’est comme les serveurs dans les cafés de Paris qui ont TOUS un ami qui est en voyage au Canada ou un cousin qui s’est établi à Montréal. C’est sans doute vrai pour certains, mais dans la plupart des cas, je soupçonne que notre portefeuille soit plus attrayant que les qualités et la valeur de Fils.

Les collèges privés ne sont pas intéressés à perdre leur temps avec un autiste qui pourrait fragiliser leur position dans le top 10 des meilleures écoles privées de la région de Montréal. Nous l’avons réalisé assez rapidement.

Les professeurs ont accepté d’emblée le défi en début d’année scolaire au Collège, mais pas la direction qui, au début, avait trouvé LE programme parfait pour Fils, soit de le mettre en International parce qu’on y enseignait intensivement l’anglais et l’espagnol et que Fils, au fond, montre tellement d’intérêt pour les langues étrangères. En compréhension de texte, il est meilleur en anglais, en espagnol et en italien qu’en français, un mystère « autistique » difficile à comprendre, mais bon.

On payait même 2500 $ de frais par mois pour permettre à Fils d’avoir une accompagnatrice spécialisée. Elle est à l’emploi du Collège mais ses services fonctionnent par forfait. Pour nous, le Collège en a fait un « personnalisé » mettons…

Après trois mois d’enfer, après une réunion d’urgence avec la directrice et la responsable des ressources pédagogiques qui nous avertissaient que Fils était en situation d’échec, non pas parce qu’il est paresseux (il travaillait jusqu’à 23 h chaque soir dans ses devoirs, si c’est de la paresse aux yeux des drettistes, je me demande bien ce que c’est), nous avons choisi (Liberté de choix! Liberté de choix!) de nous tourner vers le réseau public qui possède plus de ressources…. ET C’EST LE CAS !

Aussitôt la mise en place d’un plan d’intervention pour capitaliser sur les points forts de Fils et donner du soutien pour qu’il devienne plus autonome, nous avons pu commencer à respirer normalement. Le professeur de Fils et son éducatrice communiquent avec nous chaque semaine pour nous faire part de son cheminement, on peut même parler directement avec les personnes qui s’assurent du suivi de Fils. Au privé ? Il faut d’abord faire face au « mur » qu’est la réceptionniste qui, elle, va faire transférer le message à la personne concernée. Cette dernière, dans 90% du temps, ne retournera pas votre appel.

Somme toute, on dirait bien que messieurs Belzile et Moreau en ont contre l’aide spécialisée pour des raisons de coût. Allez dites-moi combien je vous dois, je m’empresse à vous faire un chèque séance tenante. Pendant que j’y suis, j’en ferai un à Mutsumi Takahashi de CTV News qui a mené une entrevue qui puait la complaisance et la paresse intellectuelle avec Belzile ! Et puisque Alain Dubuc s’inquiète lui aussi, je lui ferai un chèque.

Y’en a-t-il d’autres ? Jeff Fillion ? Dominic Maurais ? Adrien Pouliot ? François Legault ? Mon chéquier est prêt.

Le slogan de l’IEDM est Des idées pour une société plus prospère. Ne plus scolariser les enfants à besoins différents serait-elle l’une d’entre elles « parce que ça coûte assez cher de même???? » !!!?

 

 

 

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